La Traversée
À La Rochelle
Dans les tentes, les nuits s'allongeaient, humides et froides. Les soldats dormaient à même le sol. Les matelas promis devaient encore chercher leur chemin sur une route lointaine. Courroucés, les soldats engueulaient les vivandiers qui se plaignaient aux capitaines qui faisaient des représentations au Colonel commandant le régiment. Henri de Chastelard de Salières protestait alors du mauvais état des munitions de guerre au Commissaire de Chaunoy, ou au nouvel intendant.
L'heure du départ approchait et La Rochelle grouillait de l'effervescence des embarquements. Le 19 avril, le « Vieux Siméon » hissa les voiles puis se faufila hors du port, glissant entre la Tour Saint-Nicolas et la Tour de la Chaîne. À son bord, entassés dans la carène, deux cents soldats du régiment de Carignan-Salières, des vivres et des munitions donnaient le coup d'envoi à la plus formidable expédition française en Amérique. Déjà les marchands rochelois se frottaient les mains d'aise et calculaient ce que rapporterait bientôt le prochain arrivage de peaux de castor. Les Iroquois devraient bientôt entendre raison.
Le « Chat de Hollande » partit huit jours plus tard, sans soldats mais tout aussi encombré d'engagés, de la laboureurs, de commerçants et d'animaux.
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