La Traversée
Veille du départ pour la Nouvelle-France
Le mardi 12 mai, le vent avait calmi. Le ciel s'était dégagé. Le départ s'annonça de façon certaine. Les cris grinçants des poulies répliquaient aux ordres confus que meuglaient quelques marins galonnés. Puis le treillis du caillebotis s'écarta et une colonne de lumière s'enfonça dans l'entre-deux-ponts. Dans une manœuvre fort approximative, les compagnies se mirent au garde-à-vous. Un navire moins lourdement chargé en aurait été bouleversé.
Le commissaire De Chaunoy était annoncé. Le commissaire s'était fait accompagné d'un personnage considérable, le nouvel intendant « Jean Talon » lui-même. Monsieur de Massimy venait de donner ses dernières recommandations à ses hommes. Longuement, les deux fonctionnaires passèrent en revue les troupes du roi embarquées à bord de « La Paix », notant et vérifiant tout. Rien ne semblait échapper à Talon. Son secrétaire « Jean-Baptiste Patoulet » écrivait dans un cahier les commentaires que l’intendant lui murmurait.
Quand les dignitaires repartirent, Vincent sût qu'une nouvelle vie commençait. Pour le meilleur ?