Les
Boissonneau

Les
Boissonnault

Encyclopédie

Isabelle Boissonneau & René Faureau

Le premier enfant Boissonneau à naitre en Nouvelle-France

1670-1703

Isabelle Boissonneau aura toujours la distinction d’avoir été la toute première personne du nom de Boissonneau à naitre en Nouvelle-France d’Amérique. La petite Isabelle n’a pas mis de temps à arriver puisqu’elle est née neuf mois et un jour après le mariage de ses parents, le 19 juillet 1670.

Isabelle a eu Jean Ouimet comme parrain (l’ancêtre des Ouimet) et Isabelle Guillot comme marraine. Isabelle Guillot n’a que quatorze ans et elle est la soeur de l’explorateur Louis Jolliet (sa demi-soeur). Elle est depuis peu l’épouse de Jean Charest, lui-même frère d’Étienne Charest qui se prépare déjà à devenir un entrepreneur extrêmement important dans le pays.

Isabelle est la seule de la famille à être née du côté nord de l’ile (en face de Château-Richer). Elle n’est âgée que d’une année quand elle déménage avec ses parents du côté sud de l’ile, sur une terre louée (semble-t-il) à un nommé Jean Jouanne. Trois années plus tard, ses parents acquièreront la terre familiale, terre située à 1,5 km plus par en bas.

Isabelle grandit avec sa soeur Jeannette, son frère Philippe et sa soeur Anne. Peu après la naissance de René, l’incendie de leur maison coûte la vie aux trois plus jeunes. Isabelle vient d’avoir huit ans.

Une nouvelle maison est construite. Huit autres années passent. Naissent Jean, Jacques, Louis (qui meurt à son tour, et Nicolas, dont Isabelle est la marraine).

La famille joint difficilement les deux bouts. Les bouches à nourrir sont nombreuses et la terre défrichée ne suffit pas. Les parents sont obligés de placer leur Isabelle comme domestique chez monsieur et madame Landeron qui tiennent une auberge-hôtel sur la rue Notre-Dame, dans la basse ville de Québec. Ce sont des gens très bien. Isabelle recevra un salaire annuel de 40 livres et demeurera à leur service jusqu’à son mariage.

Isabelle sera au service des Landeron, ou Landron pendant sept ans. Leur hôtel était le seul établissement de l’époque dans la ville. C’était une belle bâtisse neuve, voisine de la boulangerie Joly. Elle était située entre la place du marché, qui venait d’être rebaptisé la Place Royale, et le pied de la Côte de la Montagne, le chemin d’accès à la haute ville. Isabelle y verra la construction de l’église Notre-Dame-de-la-Victoire, qu’elle fréquentera, sera présente lors de l’attaque de la flotte de Phipps, verra fréquemment le gouverneur Frontenac et tous les dignitaires, officiers, fonctionnaires qui font marcher la Nouvelle-France, sans compter les marchands de fourrure, comme Louis Jolliet, le frère de sa marraine.

Un jour, Isabelle y fera la connaissance de René Faureau dit Deslauriers, celui qui deviendra son mari. René était soldat dans la compagnie du capitaine des Bergères. Satisfait des années services de son jeune soldat, monsieur des Bergères accepta de le libérer afin qu’il puisse épouser Isabelle.

Le mariage fut célébré dans l’église de Saint-Jean, sur l’ile d’Orléans. Les parents d’Isabelle avait convenu que le jeune couple pourrait résider dans la maison familiale pendant toute une année, le temps de préparer un établissement ailleurs. C’est là que naitront Isabelle et Anne Faureau, leurs deux premiers enfants.

Isabelle et René avaient reçu en concession seigneuriale une terre située sur la rive sud du fleuve. Cette terre était située un peu de biais (vers la droite) par rapport à la terre familiale des Boissonneau. On y construisit une maison mais on l’habita peu. L’idée, c’était de vendre la terre et la maison à profit et de se procurer une autre terre en concession. L’autre terre était située le long de la rivière Boyer, mais dans la seigneurie de monsieur de Beaumont. Ils y construisirent maison et s’y établirent. C’est là que naquirent leurs trois autres filles, dont une mourut peu après sa naissance.

Malheureusement, ce fut la fin. Isabelle mourut peu après avoir accouché de son cinquième enfant. Sa mort est-elle venue suite à des complications post-natales ? Isabelle a-t-elle été victime de l’affreuse épidémie de vérole qui sévissait depuis plus de deux mois dans toute la région de Québec ?

Isabelle Boissonneau a été inhumée dans le cimetière de Beaumont. Elle avait vécu trente-deux ans et demi.

René Faureau, son mari, vécut plus de quarante années encore. Mais il ne se remaria pas. René réussit à placer au moins trois de ses quatre filles entre bonnes mains, vendit sa maison et sa terre et passa au service de monsieur Étienne Charest, le grand entrepreneur de la Pointe-Lévy, chez qui il demeura jusqu’à la fin de ses jours.

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